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Carnets de campagne, question fermée & réponses ouvertes.

Postures, politiques et pratiques d’acteurs.

par Michel Jean Laveaud

30 janvier 2010 - 10:59


La question "Entre Etat et marché, y a-t -il une place pour une économie sociale et solidaire ?" se présente comme une question refermée sur la soumission volontaire aux dictats ( la vulgate) et aux conceptions restreintes de l’Etat et du Marché. Soumission volontaire de toutes et tous - improbable - à des définitions bornées et définitives de l’Etat ( dans quel état ?) et du marché.

 On a retrouvé (la définition de) la société civile oubliée

Nous devons à Nicanor Perlas une définition intéressante de la société civile qui souffre d’une relégation certaine car elle décoiffe quelques idées reçues. " la société civile c’est l’ensemble des acteurs capables de se déprendre de leur posture instituée, manifeste. "  [1]

Ce qui revient à laisser la place à l’étonnement et à reconnaître la possibilité d’une éthique de conviction exprimable et exprimée par un élu politique, syndical ou associatif, un fonctionnaire, un parent d’éléve, un syndicaliste ou autre socioprofessionnel, vous, moi, nous. Une porte grande ouverte pour la désobéîssance civile et le non cadencement programmé des issues des débats comme de l’action. La société civile se manifeste par son aptitude à se mettre en empathie-réciprocité avec " l’autre " qui est en elle, comme en vis à vis . Quand Les Ateliers d’Algebrista , abCIDE, les chemins et territoires de RELIANCE ou Je blogue solidaire invitent à la mise en œuvre des Droits de l’homme dont les Droits de l’Enfant et des jeunes, associés aux Droits culturels pour faire vivre la diversité culturelle dont l’économie plurielle, l’Etat et le Marché s’offrent à nous comme des contenants réducteurs, inadaptés. Ici s’annoncent et se confirment quelques débordements. L’ESS n’est pas la garniture d’un sandwich et se demander si elle a sa place entre l’Etat et le Marché est une instrumentalisation audacieuse de la liberté de se penser au monde et depenser le monde. La table et les convives participent à la subsistance pour le partage, autant que le menu et les conditions sociales et environnementales de production- consommation des nourritures terrestes et spirituelles. Citoyennes et citoyens au grand banquet ! L’Appel des appels, entendu, attention chantier !

 "Entre Etat et marché, y a-t -il une place pour une économie sociale et solidaire ?"

Le questionnement ainsi posé, questionnement fermé, désigne leurs auteurs ( France Culture & Libération ) comme attentifs à ne pas trop s’éloigner de leurs auditeurs et lectorats), qui ne sont pas réductibles à la caricature des " bobos". Ceci dit et écrit, par un autre média, France-Inter et l’émission " Carnets de campagne " animée par Philippe Bertrand, [2] les réponses manifestes qu’il existe une place pour l’ESS entre l’Etat et le marché, les engagements y évoluent et s’évaluent quotidiennement.

" Mobilisation de savoirs dans les espaces intermédiaires de l’action publique ", [3] le Colloque qui vient d’avoir lieu à l’ENS LSH à Lyon dessine autrement la réalité de l’Etat et de l’action publique sans laquelle celui-ci ne mérite pas qu’on y jette un oeil. [4] . Idem pour le marché - avec la part des jeux relationnels - qui oscillent entre le marchand et non-marchand et la fiscalité qui courre aux trousses de toutes les initiatives pour faire " la richesse des Nations ". Reste la délicate question de la redistribution des richesses, par l’Etat et/ ou le marché, avec ces deux compères / complices le résultat n’est pas satisfaisant. Pour le volet fiscal déjà la retenue à la source a pris racine, en miroir avec l’ESS nous (ré)inventons aussi la redistribution à la source.

Dans les carnets de campagne des élections régionales, sans doute marqués par la même soumission volontaire, l’ESS n’est manifestement pas centrale, pas plus que la jeunesse qui pourrait s’en faire une culture pour déranger un peu le binôme Etat- Marché ou le triptyque éducation- culture-emploi, judicieusement disjoints par les habitudes, les vertus ministérielles, les approches sectorielles, territoriales fragmentées et autres corporatismes. Si les questions semblent fermées, les réponses sont ouvertes avec le pragmatisme d’expérimentation comme celui de l’expérimentation de " L’ESS K (s) " (LAA-Arcure), la clé USB, objet nomade de RELIANCE par l’ESS entre les rives incertaines d’un état du monde et une économie plurielle, ce qui nous distrait un peu d’un aussi frileux questionnement, sans les objets ( les pratiques sociales) qui vivent en faisant débat. Le parlement des choses.

" L’ESS K (s) " (LAA-Arcure) s’offre à nous comme des Carnets de croquis, de campagne, urbains, péri-urbains, artisanaux, pré-post-industriels, poétiques, nomades, solidaires, décalés, instables, pour bénéficier de l’anamorphose,du palimpseste et de l’hypertexte, regards croisés, paysages partagés, l’ESS kee !

abCIDE , les chemins et territoires de RELIANCE, vous l’esquisse.

Notes

[1]" La société civile, le troisième pouvoir " Editions Yves Michel

[2]http://sites.radiofrance.fr/francei...

[3]http://expertise.hypotheses.org/103

[4] " Un territoire qui n’accorde pas une place à l’utopie ne mérite pas qu’on y jette un oeil. " Oscar Wilde, audacieuse et incertaine référence pour les Droits de l’enfant.


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