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La CIDE a 20 ans.
par21 août 2010 - 09:34
La Convention Internationale des Droits de l’Enfant ( CIDE, Convention des Nations Unies relative aux Droits de Enfant), signée le 20 novembre 1989, puis ratifiée par la France le 7 août 1990 avec publication au Journal Officiel de la République le 12 octobre 1990, souffre d’une difficulté d’évaluation de mise en œuvre depuis 20 ans.
L’heureuse confluence de « Penser ailleurs » [1] et « La culture des autres » [2] nous invite à prendre la distance nécessaire à une évaluation des politiques publiques consécutives à la signature, ratification et publicité de la Convention Internationale des Droits de l’enfant.
Un des ailleurs significatif de l’expression des enfants dans des dispositifs institutionnels contraignants est l’hôpital pour les soins intensifs et longue durée, les services de pédiatrie. Ces espaces-temps et plateaux très techniques, à l’aune des contraintes d’obligation de résultat et de pilotage par objectifs laissent peu la place à l’expression de l’enfant sur son vécu durant le soin. Cependant par ailleurs et dans la durée des événements significatifs pondèrent le catastrophisme de l’héritage d’une société malade de la gestion, les politiques publiques de soin , abusivement appelées de santé, ont quelques gains collatéraux qu’un entomologiste avisé serait percevoir.
Voici la trame de sa lecture de la chaîne du temps. Dans les années 80 avec la politique du livre et de la lecture du gouvernement socialiste français, nous avons la naissance à Marseille de « La bibliothèque à l’hôpital » animée par un réseau associatif qui connaîtra un essaimage et sa déclinaison vers l’expression écrite et la création artistique et multimédia. Parallèlement en milieu carcéral et dans les politiques d’insertion et de la ville ce processus trouvera ses niches de compétences professionnels et bénévoles.
Ce foisonnement éducatif, artistique et culturel, contre-feux aux relégations et aux discriminations , trouvera même son économie mixe avec la sortie des œuvres du monde hospitalier vers la cité, à l’instar de l’Hôpital de jour du Vinatier à Lyon qui trouvera pour les œuvres des enfants des Galeries d’art complices d’un « Droit de cité » de l’enfance de l’art.
Pour aussi étrange que cela puisse paraître, cet essaimage et métissage avec la culture des autres ne prend pas appui sur la CIDE proclamée, mais relève d’une analyse des pratiques du soin et de la rééducation qui n’ignore rien de l’hospitalisme de Spitz et de la nécessité de mettre et de conforter des liens entre l’espace-temps des soins et la vie des autres , partenaires du sentiment d’appartenance à la commune humanité malgré les aléas de la maladie ou de l’accident.
Le suivi et l’évaluation des politiques publiques, objet d’un Master de l’Institut d’Etudes Politiques de Lyon, singulièrement le suivi et l’évaluation des politiques publiques dédiées à l’enfance et à la jeunesse , ignorent les « par ailleurs » qui n’entrent pas dans la gestion sectorielle désastreuse pour la reconnaissance du progrès humain des enfants et des jeunes. Ces derniers connus et reconnus, sinon confondus avec la maladie et les symptômes n’existent que peu pour l’économie relationnelle salvatrice de leur parcours de vie. Avatars d’une société de consommation du toujours jeune et et en bonne santé et négatrice de la fragilité de la vie comme de la mort inéluctable. L’avenir de ces négations ou des instrumentalisations pauvres du soin en dehors d’une politique publique de santé de mixité sociale ouverte connaît l’émergence d’un contre-courant où les artistes, les créatifs culturels, les éducateurs, enseignants, médecins, etc…redécouvrent les vertus des « Empêcheurs de penser en rond ». La continuité de la scolarité en milieu hospitalier avec les TIC, la présence sporadique mais bien réelle du clown , d’artistes ou du théâtre à l’hôpital, des outils multimédia, des radios et tv animées par des collectifs d’enfants en soins, " hors champ" de l’évaluation des politiques publiques permet d’augurer des beaux jours pour la CIDE. Il faut seulement trouver les mots pour le dire associer aux yeux et aux oreilles pour le voir et l’entendre. A 20 ans, la CIDE a l’âge de faire et le développement durable et solidaire trouvera là un bel appui tonique pour être crédible et opératoire. Bienvenue en RELIANCE 2010 2020…
[1] « Penser ailleurs » Nicole Lapierre Edition Stock
[2] « La culture des autres » Hugues de Varine sous la Direction de Jean-Pierre Dupuy ( fondateur de « Les empêcheurs de penser en rond ».).
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